Fragments d’errances

Prix “AIMÉ CÉSAIRE” – Société des Poètes Français – 2016

Editeur : Acoria

Date de publication : 19/10/2015

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Extraits :

1

Regarder le miroir en face
Depuis longtemps j’ai redouté la terrible sentence
Les deux mains sur le visage je me protège
Comme l’autruche la tête au creux du sable
Je me mets à l’abri du danger l’obsédante réalité

Les zèbres s’en vont boire à la mare d’eau claire
Ils s’étonnent de tant de zébrures lacets sombres
Comme lanières ondulant dans la clarté cristalline

Les zèbres ferment les yeux pour s’épargner l’image
A côté d’eux des biches l’œillade des antilopes graciles
Le glabre uniforme de leur peau les poils de soie lisses

Les zèbres secouent la tête et puis s’en vont.


2

Regarder le miroir en face
Les deux mains sur le visage
Comment lire dans la glace la lumière étoile
Qui brille éclatante au fond de mon âme ?
Le refus obstiné des apparences ordinaires
Pour laisser brûler les rouges frissons d’ardeur
Qui traversent les ramures de mon arbre
Généalogie de mes racines de chair et de sang

Il faudra se débarrasser des habits d’imposture
Pou empêcher notre horizon de disparaitre
Dans les mirages et la coquille vide des illusions

Un jour
Il faudra briser la glace


3

Après la nuit
Arrive toujours une aube et la beauté se répand et éblouit malgré l’opacité de l’énigme.
Le scarabée piétine les jours de nos impatiences. Il roule la boule obscure des choses sans importance.
Nos yeux s’égarent dans la fuite du vent et l’instant se noie dans un songe :
Une île
Comme une enfance d’eau
Lovée dans un liquide berceau
Dans une chambre bleue
Une île
Petite terre au milieu des vagues
On dirait un oubli de verdure
De charmes de chênes de frênes
Longs bras tendus vers le ciel
Un songe à l’aube. Déjà le soleil tendre et chaud.


4

Toi homme des moments fugaces et des intervalles précaires
Batracien entre l’eau et la terre
Tu vas de l’ange à la bête
Tu ne sais pas choisir entre l’amour et la vérité

Tu observes le crépuscule du gerfaut qui lentement se pose dans son nid
Tu observes la silhouette du ramier et l’appel ultime d’un long roucoulis
Tu observes les étoiles petits soleils d’un ciel sans présages

Tu aurais tant voulu regarder la mer.


5

Puiser dans la nuit
Puiser dans le jour

Le passé nous fait souffrance
Le passé nous fait opprobre
Nous rions à l’ombre des pleurs et des mascarades
Rien pour embellir le sang et la mémoire

Parfois il suffit d’un ciel bleu
Pour croire à l’avènement d’improbables miracles.


6

Les mots enchaînent le silence
Pour se suspendre au voyage immobile
Et à toutes les formes fragiles nées du hasard et du vent

Il faut oublier dans l’espace vide
La question et le problème
La mort comme un mystère
La mort comme un effet secondaire
Le passage de l’ultime frontière
Le brouhaha de la dernière seconde

Il faut oublier dans les décombres
Les prophètes des brûlantes Géhennes
Les prophètes des harems aux quarante vierges

Voici venir
Les mots pour incendier les mensonges.

Les éléphants s’en vont jouer à la marelle.


7

Sur les sentiers du pèlerinage au pied de l’alpage
Les vaches vaquent dans l’herbe des pâturages
Les sapins immenses aux abords de l’Ermitage
Protègent la paix des Chartreux en prières

La soif au cœur dans la forêt d’Emeraude
Par les escarpes par les pentes abruptes
Me prend une envie soudaine et sur mes lèvres
Un goût de miel des Vergers de Louisias

Marcher pendant des heures dans le désert vert
Il pleut des soleils et des ciels bleus
Sur les coteaux sur les hautes vignes à l’infini


8

L’obsédante lumière de l’impossible
Nous guide vers des rivages qui sans cesse s’éloignent et se dérobent.
Pourquoi sommes-nous si loin de la mer ?

Nous savons pourtant que tout nous est compté
En nombres et chiffres immuables notre destinée
S’égrène à reculons tel un compte à rebours implacable.
Est-il concevable cette fin de triste spectacle ?

Les paroles familières partent en lambeaux
Les mots s’effritent sur de lourds silences
Est-il possible que tout cela se perde dans le néant ?

Chacun de nous livre des batailles
Que les autres ignorent.


9

Gravées sur la peau du temps nos lignes de vie nos errances
Et l’obscur destin qui nous pousse en avant.
Nous ne savons rien de ces alphabets impénétrables
Saignés dans le granit au bord du chemin.
Nous marchons dans le brouillard des vaines espérances
Et des horizons de muraille.


10

Laisser dormir le mystère des cloportes sous les pierres
Seulement garder mémoire de ce matin de mai
La première rose éclose au milieu des herbes hautes
Les deux cygnes noirs cous enlacés flirtant sur l’eau lente de l’étang
Le concerto des chants d’oiseaux dans les arbres au lever du jour

A l’ombre des belles paroles me taraudent encore
Les petits cailloux dans mon soulier. Je ne sais pourquoi
Je me cogne contre l’aspérité acide des choses et des êtres
Je me fais des bleus à l’âme j’ai des trous dans ma tête
Mon cœur traîne partout ses blessures et ses ecchymoses

Il faudra oublier les nuits du doute et des nostalgies
Les cendres froides des flammes anciennes tous les oripeaux
Pour contempler le sourire avorté d’un lac endormi au soleil
Vider goûte à goûte son esprit dans une calebasse de prière
Et partir comme un envol de goéland au-dessus de l’océan

Laisser dormir le mystère des cloportes sous les pierres


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