Biographie

Barnabé Laye est né le 11 Juin 1941 à Porto-Novo au Bénin. Études secondaires au Collège Père Aupiais à Cotonou. Études universitaires aux Facultés de Médecine de Bordeaux et de Paris. Médecin des Hôpitaux à l’Hôpital Pitié-Salpêtrière à Paris. Il mène de front sa double vocation médicale et littéraire : « Je suis médecin de jour et écrivain la nuit. Je pense que les deux font bon ménage. Mais je dois avouer que c’est le médecin qui nourrit l’écrivain, qui l’entretient comme on entretient une danseuse… L’écrivain parfois fait des caprices, il n’est pas content, il rêve du jour où il aura son indépendance afin de pouvoir se consacrer uniquement à sa passion ».

Barnabé Laye parle de la genèse de sa vocation littéraire : « Après avoir lu le roman du Sud-Africain Alan Paton, Pleure, ô pays bien-aimé, j’ai refermé le livre, complètement bouleversé, comme si je venais d’avoir une révélation… Je me suis dit : C’est cela qu’il faut faire, écrire dans une langue simple et dépouillée ; laisser la musique des mots épouser l’ardeur des sentiments ; traduire la fragilité des existences et la détresse au cœur de l’homme…J’avais quinze ans. Peu de temps après, j’ai dit à mon père que je voulais être écrivain. Il m’a répondu, un peu gêné : Mon fils, ce n’est pas un métier pour un Noir, ce n’est pas un métier pour nous. J’ai toujours obéi à mon père que je considère comme un des hommes les plus intelligents que j’ai jamais rencontré… Alors, j’ai choisi de devenir médecin comme mon oncle maternel que mon père admirait et citait en exemple. En lui annonçant mon choix, mon père me dit à l’oreille, comme une confidence : Et puis, ton oncle, lui, il change de voiture tous les deux ans et il est marié à la plus belle femme du pays !avant de s’en aller en riant dans sa barbiche. Par ailleurs, pour des raisons que je ne saurais expliquer, je trouvais que la médecine était un métier très…poétique. »

Aujourd’hui, Barnabé Laye espère avoir conservé l’émerveillement de l’adolescent d’autrefois devant la beauté de la langue quand elle exprime notre désarroi mais aussi l’espérance chevillée au corps et l’irrépressible besoin d’amour, de justice et de vérité. André Maurois disait : « Ce qu’un écrivain peut apporter de nouveau, c’est une certaine façon de regarder la vie ». Le regard de Barnabé Laye, à travers tous ses livres, est un regard plein de compassion et de fraternité.

Membre des Associations littéraires :